Evergreen Endurance 2017

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Evergreen Endurance 2017

Messagede Jérémy le Mar 26 Sep, 2017 22:04

Frais et humide, c’était la météo annoncée pour cette journée du 9 septembre, rien de très gênant à priori, sauf qu’en montagne, la situation peut très vite dégénérer…

L’Evergreen Endurance, une jeune épreuve organisée au pied du géant blanc, à Chamonix. Ville des alpinistes, des grimpeurs, des trailers, des freeriders mais certainement pas des triathlètes. Il faut dire que cette épreuve n’a rien d’un triathlon classique : 4km de natation dans le magnifique lac de Montriond, 190km de vélo à travers le massif des Aravis avec 5 cols (5000m de D+) et le gros morceau pour finir, 42km de trail sur les 2 versants de Chamonix (2600m de D+). Une épreuve à en prendre plein la vue, une épreuve de rêve, une épreuve que je me devais de faire.

La nat’… c’est toujours pas ça !

La cloche retentit aux premières lueurs du jour, vers 6h30, les 110 triathlètes sont maintenant livrés à eux-mêmes pour une longue journée. Le temps limite de l’épreuve est de 24h mais l'objectif est de franchir la ligne d’arrivée avant minuit pour ma part. La partie natation est certainement la plus accessible, eau claire, sans vague avec un tracé en rectangle à parcourir à 2 reprises. J’accroche un groupe sur le 1er tour mais suis obligé de le laisser filer sur le 2ème. Rapidement je me retrouve complètement seul, je ne vois personne devant, personne sur les côtés, je me demande même si je n’ai pas loupé une bouée ! Mais non rien d’anormal, c’est juste l’effet d’avoir 110 gugusse sur 4km de nat, pas besoin de batailler aux passages de bouées au moins ! Les entrainements clubs sont loin en cette fin d’été, les sensations ne sont pas bonnes, je n’arrive pas à trouver ces fameux appuis. Je sors 34ème en 1h19… peut mieux faire !

La remontée fantastique

La transition est un peu chaotique aussi, tente déjà bien fréquentée malgré l’heure matinale, les mains refroidies par l’eau à 16°C, je mets 9’ avant d’enfourcher le vélo. Enfin les choses sérieuses (et plaisantes) commencent, pas de quoi tergiverser, le 1er col arrive dès le 5ème kilomètre. Joux Plane, pour se mettre en jambes. J’entame ma remontée et essaie de profiter du paysage tant qu’il en est encore temps, et ce malgré les nuages déjà bien menaçant. Vers le 40ème, je croise Eléna qui m’annonce 9ème, cool ! Une pluie fine fait son apparition peu après, c’était prévu, il faudra faire avec aujourd’hui. J’arrive à Cluses en 6ème position, le gros morceau du vélo commence maintenant, enchainement du col de Romme et du col de la Colombière. Comme à mon habitude, je suis à l’aise dès que ça grimpe, mais je suis quand même heureux d’être passé au 36 dents, rares sont les passages sous les 9% dans ce col de Romme. En haut je rejoins le 2ème que je double dès le début de la courte descente (j’apprendrai plus tard qu’il s’agit de Mathieu Perget, ancien cycliste pro). Bizarrement je suis presque plus à l’aise sur cette route humide qu’au début de course. Très vite, les rampes du col de la Colombière se font sentir. Gentillettes au début, elles ne font que se raidir. C’est aussi le moment que choisit la pluie pour s’intensifier, ce sont maintenant de grosses gouttes qui s’abattent en continu, la visibilité se réduit à quelques dizaines de mètres… pour la vue on repassera ! Je ne m’en rends pas compte dans l’effort mais la température diminue aussi, mon mini k-way coupe-vent n’est pas vraiment approprié pour l’occasion… Arrivé en haut, on a le droit au ravito perso, c’est là que je prends conscience que j’ai déjà souffert du froid, j’ai du mal à remplir mes poches, mes doigts sont engourdis, je m’étais pourtant préparé des minis crêpes « maison », idéal avec ce temps (il est loin le temps des snickers) ! Un caméraman essaie de m’interviewer mais je n’arrive pas à lui répondre, j’étais pas si mal finalement sous mon arbre à l’Altriman !

La descente en enfer

L’attaque de la descente ne fait qu’empirer les choses. Je suis à 2 doigts de louper la 1ère épingle à cause du manque de visibilité. Je redouble de vigilance par la suite, la route est détrempée, le compteur ne dépasse pas les 50km/h. Même à cette vitesse, je souffre terriblement du froid, je suis trempé jusqu’au os et sans gants… Sur une portion en travaux dans la vallée, je m’arrête à un feu tricolore et me rends compte je tremble de froid. Je décide alors d’accélérer le rythme, quitte à griller quelques cartouches, il faut absolument que je me réchauffe ! J’attaque le col de la Croix Fry assez fort, heureux de retrouver des pentes ascendantes ! Un spectateur m’annonce à 7’20’’ de la tête, surement le moment où j’en serai le plus proche. Soudain, j’entends une voiture arriver, klaxon à fond. Pas besoin de me retourner, ça y est ils sont là, que ça fait du bien de les savoir à mes côtés, ils sont on fire – Martina, Eléna, Karim et ses 2 minis champions Juliette et Alexis - cloche, trompette, drapeaux, ils ont sorti le grand jeu ! Leurs encouragements me font du bien, et j’en profite aussi pour récupérer des vêtements secs. Le thé chaud au ravito en haut du col n’est pas pour me déplaire non plus. Le bénévole me dit qu’il n’a pas trop froid à nous attendre mais j’en doute fort, il n’a pas osé se plaindre devant mon état certainement ! S’ensuit le col des Aravis, assez roulant mais toujours sans visibilité. Mon état n’empire plus mais difficile de se réchauffer quand même. Je suis obligé de m’arrêter pour m’alimenter, l’usage de mes doigts étant très limité. Mathieu me reprend la 2ème place à cette occasion, peu importe, l’objectif restant avant tout de finir cette course (j’apprendrai qu’il a crevé sur le parcours, je ne pense pas que j’aurais réussi à réparer dans ces conditions...). La fin de parcours est plus roulante et donc moins à mon avantage. Une dernière côte pour finir, Vaudagne, sorte de Chalvet pour les connaisseurs et c’est enfin l’entrée dans Chamonix après 8h28 de vélo (2ème temps).

Un petit tour pour finir

Je vois Mathieu partir pour le trail quand j’arrive dans la tente de T2. Je ne pense pas au classement mais plutôt aux 8h de course qu’il reste et aux belles péripéties qui vont avec. Que nenni ! L’arbitre m’annonce que le parcours a été revu à cause des conditions météo et me montre une boucle de remplacement de 10km sur une carte (le parcours initial nous faisait monter à 2300m...). Je lui demande le dénivelé et il me répond 800m, l’air hésitant. Je me dis que ça doit être moins en voyant le tracé. La transition est compliquée avec les mains gelées, heureusement que les arbitres et mes supporters sont là pour m’aider ! Un kilomètre de mise en jambes (si on peut dire) et le dénivelé commence. Ça sera finalement 500 gros mètres de D+ sur 2,5km jusqu’au chalet de Caillet et son fameux et tant attendu ravito. Ici tout est bio et fait maison, des quiches, des gâteux, des jus, le tout acheminé à dos d’homme. Malheureusement les présentations avec l’hôtelier sont très rapides, juste le temps d’avaler quelques bouchées par politesse, heu non par gourmandise, je sais le 4ème à mes trousses ! Je dévale la descente à vive allure en évitant les pierres devenues de vraies patinoires puis arrive sur les derniers kilomètres plats ramenant à Chamonix. Au dernier kil, je rejoins Mathieu qui s’était arrêté faire une pause technique. Mais je n’ai pas la force ni le mental pour lui disputer la 2ème place et profite des derniers instants avant de passer l’arche après 1h13 de trail (6ème temps) et 11h22 de course (à 21' du 1er soit à peu près mon retard à la nat...). J’apprendrai plus tard que seulement 50 triathlètes sur les 110 au départ réussirent à franchir la ligne et qu'une partie des triathlètes du format half dut être rapatriée du trail par téléphérique…

Ça y est, c’est fini ?

Les sensations sont particulières à l’arrivée. A la fois très marqué par le froid mais encore en forme physiquement (dans son tracé initial, la course devait à minima durer encore 6h), à la fois heureux d’avoir franchi la ligne de cette épreuve mythique mais déçu de ne pas avoir profité du paysage, à la fois ravi de terminer sur le podium mais frustré d’avoir eu un tracé raccourci. C’est pourtant la règle du jeu lorsque l’on s’aventure en montagne, il faut s’adapter à elle si on veut y revenir, et comme l’a dit Reinhold Messner « la montagne n’est ni juste, ni injuste. Elle est dangereuse », alors respectons la et restons prudents (au passage, je mettrai plusieurs jours à récupérer toute la sensibilité de mes doigts…).
D’autant plus que l’Evergreen, au-delà d’une course, c’est avant tout un concept. Un concept basé sur l’association du sport d’endurance et de la préservation de l’environnement avec un objectif de bilan carbone neutre en 2019 (d’où le petit mélèze offert à chaque participant, le mien s’apprête à passer son premier hiver sur les hauteurs de Chamonix !). Un concept mené par un petit groupe de passionné qui lutte comme David contre Goliath pour faire son trou aux côtés des évènements internationaux de la vallée. Mais la mayonnaise est en train de prendre et j’espère que cette épreuve va s’immiscer petit à petit dans le paysage Chamoniard pour continuer à offrir une expérience unique et exceptionnelle à qui voudrait s’y aventurer ! A bon entendeur (vous avez aussi le format half et M)…
Jérémy
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Re: Evergreen Endurance 2017

Messagede Armand le Mer 27 Sep, 2017 10:34

Bravo Jerem! Toujours aussi impressionnant!
Armand
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